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"CERTAINS GESTES PEUVENT SOULAGER LE QUOTIDIEN"

11 octobre 2016

 

Pour cette deuxième interview, nous avons eu la chance d’échanger avec le Docteur Grange, rhumatologue au CHU de Grenoble et Président de l’AFLAR. Il nous a fait part de ses conseils pour ceux qui souffrent d’un mal de dos chronique. Précisons que les conseils sont très différents pour ceux qui souffrent d’un mal de dos d’origine mécanique et pour ceux qui souffrent d’un mal de dos d’origine inflammatoire. Il nous livre cette fois-ci les conseils adaptés aux patients souffrant de mal de dos chronique d’origine inflammatoire.

 

 

1/ En tant que rhumatologue et Président de l’AFLAR, pouvez-vous nous donner quelques astuces pour améliorer le quotidien lorsque l’on souffre d’un mal de dos chronique inflammatoire ?

Comment se positionner pour bien dormir ?
Quand un patient souffre de rhumatismes inflammatoires, cela se caractérise par des réveils nocturnes accompagnés de douleurs ainsi que par une raideur matinale importante.
Le premier conseil qu’il faut donner, consiste à avoir une bonne literie : elle doit être récente, pas trop molle, mais pas trop dure non plus ; il faut trouver le juste milieu. De plus, il est possible d’être soulagé grâce à une série d’aides techniques spécialement conçues pour un bon sommeil, comme c’est le cas avec les oreillers à la fois à mémoire de formes et ergonomiques. Cependant, il faut garder à l’esprit que le traitement de fond du mal de dos chronique inflammatoire est le premier moyen pour éviter les réveils nocturnes et ainsi permettre aux patients de passer la nuit la plus sereine possible.

Quelle position faut-il prendre lorsque l’on est assis à un bureau toute la journée ?
En plus d’une prise en charge adaptée prescrite par votre médecin, certains gestes peuvent soulager le quotidien : l’idée principale, lorsque l’on est au bureau toute la journée, est de se lever et bouger régulièrement. En effet, il est important de bouger les articulations pour éviter que la raideur ne se déclenche. Il existe dans certaines entreprises, des tables hautes de travail. S’y installer plusieurs fois par jour peut être un bon moyen de changer de position et d’éviter l’enraidissement.

Quel sport est-il conseillé de pratiquer lorsque l’on souffre de mal de dos et dans quelles conditions ?
Il est important de continuer à bouger, et donc de conserver une activité physique. Des études montrent que lorsqu’on pratique une activité sportive, le rhumatisme est moins actif et les patients se sentent mieux.
Il est recommandé de faire du sport avec des coachs (professeur d’APA, activité physique et sportive adaptée), qui savent adapter l’activité physique à l’état du patient.
De manière générale, tous les sports sont conseillés. Aucun sport n’est interdit, bien qu’il vaille mieux éviter les sports avec des microtraumatismes répétés (boxe par exemple …) parce que cela peut rajouter au mal de dos existant, des problèmes d’origine mécanique.
Avant de démarrer une activité physique, il est primordial de réaliser à minima 15 minutes d’assouplissements. Pensez aussi à éviter l’enraidissement de la cage thoracique et potentiellement une gêne respiratoire. Il existe des techniques de respiration spécifiques.

Faut-il plutôt  privilégier le contact avec le chaud ou le froid lorsque l’on souffre du dos ?
Ce point est très variable d’un patient à l’autre. Cependant, il existe un adage général qui dit : lorsque l’on souffre d’une pathologie inflammatoire, il faut plutôt privilégier le contact avec le froid, et, lorsque l’on a une pathologie mécanique, l’effet de chaleur est à privilégier. En somme, chaque patient est libre d’essayer les deux options et de trouver la meilleure alternative.

Quel transport faut-il privilégier pour se déplacer ?
Lorsqu’un patient est en période de crise, il peut avoir des difficultés à se déplacer. Dès lors qu’il en est capable, il vaut mieux privilégier la marche aux transports en commun. Cependant, en cas de douleurs plus fortes, il est préférable d’utiliser des moyens personnels pour se déplacer.

Est-ce qu’un massage est bénéfique pour lutter contre le mal de dos ?
De manière générale, les massages et les aides techniques d’ultrasons sont bénéfiques pour le bien-être des patients. Si le conjoint sait faire de bons massages, c’est également un bon point, à condition qu’ils soient doux. En fait, tout ce qui améliore la vie au quotidien est positif pour les patients.

Que pensez-vous des médecines douces / alternatives ? Lesquelles conseilleriez-vous ?
La médecine douce peut être intéressante comme complément, à condition de ne pas arrêter les médecines classiques et les préventions médicales. Il est généralement conseillé dans les programmes thérapeutiques de combiner une activité physique (type stepper, rameur) à une médecine douce. Lorsqu’un patient décide de s’orienter vers la médecine douce, il doit toujours en parler avec son médecin ou pharmacien : certaines plantes peuvent être toxiques et interagir avec des traitements. Il faut également rester vigilant sur les prix pratiqués : dès que les traitements sont chers, il faut se méfier et vérifier que l’on n’est pas face à une arnaque.
Personnellement, je conseillerais le Tai Chi : c’est une activité physique alternative qui a un impact positif sur les patients. En effet, des études montrent que ce type de médecine de mouvements lents apporte un réel plus.

L’entourage des patients est très important. Avez-vous également des conseils à leur donner ?
Il est important que les patients parlent avec leur entourage pour leur expliquer leur maladie. Il est possible d’ouvrir le dialogue avec eux en leur demandant de venir aux séances d’éducation thérapeutique. Il existe également des « Cafés des aidants », faisant partie de la prise en charge, et accueillant l’entourage pour assister par exemple aux formations et à la gestion des traitements.  

 

2/ Y a-t-il des messages que vous souhaiteriez faire passer ?

Oui, il y a deux messages importants :
1/ Lorsque l’on est jeune et que l’on souffre d’un mal de dos, il faut absolument voir si ce n’est pas une maladie inflammatoire, notamment lorsque les douleurs de dos réveillent la nuit. C’est très important de se faire diagnostiquer peu de temps après les premières douleurs pour obtenir une prise en charge spécifique précoce. Des études montrent que le délai entre les premiers symptômes et le diagnostic a diminué ces dernières années. L’objectif à terme, est qu’il n’y ait plus d’errance de diagnostic.
2/ Les personnes qui n’ont pas de rhumatismes doivent y être sensibilisées car ce sont souvent des handicaps invisibles. Il reste encore un travail énorme à faire pour diffuser l’information et sensibiliser le grand public sur ces maux vécus intrinsèquement.
 

Si les conseils du Docteur Grange font écho à vos douleurs de dos, ne lâchez pas et faites le test en cliquant ici

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